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Dahira Moutahabbiina Fillaahi - Communauté de ceux qui s'aiment en Allah
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LES APPELS A LA PRIERE (AZAN ET IQAMA)

 

Au nom d'Allah, le Miséricordieux par essence et par excellence !


Les appels à la prière trouvent leur légitimité dans la pure tradition islamique. Dans un hadith rapporté par Abdallah Ibn Zeïd, la formule des appels lui a été inspirée en songe. Cet évènement fait suite après l'acceptation, non sans réprobation, par le Prophète Mouhamed (PSL) de l'utilisation de la cloche pour l'appel àla prière (en raison de son utilisation par les non musulmans). Il vit alors un personnage habillé en vert avec à la main une cloche et il lui dit : « Ô Abdallah ! Est ce que tu vends cette cloche ? Il lui dit : Non. Qu'est ce que tu fais donc avec ? C'est pour l'appel à la prière, lui répondit-il. Voudrais-tu que je t'indique quelque chose de bien meilleur ? Il dit : Certainement. Et il lui dicta la formule du premier appel et après celle du second appel. A mon réveil, dit Abdallah Ibn Zeïd, je racontais mon songe au Prophète (PSL) et il dit c'est un songe de vérité Incha Allah. Dicte la formule à Bilal, sa voix est plus forte. Ce que je fis. Et lorsque Oumar Ibn Al Khattab entendit la voix de Bilal (qu'Allah les agrée), il accourut vers le Prophète (PSL) et lui dit : « Je jure par Celui qui vous a envoyé en vérité : j'ai vu en rêve ce que je suis en train de voir à l'instant. Et le Prophète de dire : Alhamdoulillahi" ».

La haute valeur spirituelle des appels à la prière est attestée et le muezzin jouit d'un statut privilégié en islam. Selon le Messager d'Allah (PSL), « Les muezzins sont les assurances des musulmans sur leur prière, leur jeûne, leur chair et leur sang, Allah leur accorde tout ce qu'ils Lui demandent et intercèdent en leur faveur lorsqu'ils Le sollicitent ; Allah pardonne au muezzin en fonction de l'ampleur de sa voix et toute chose qui entend son appel lui témoigne comme les arbres, les pierres, la végétation et les feuille sèches. Il lui est compté pour toute personne priant avec lui dans la mosquée l'équivalent de sa récompense ». Il a également dit : « Quiconque aura été muezzin pendant vingt ans, Allah (SWT) le fera habiter le paradis en compagnie d'Ibrahim (Paix sur Lui) ».

Il existe donc deux appels à la prière : le premier appel dénommé azan (ou nodd) peut être considéré comme une invitation à la prière lancée au public tandis que le second appel dénommé iqâma (ou likhâme en wolof) marque plutôt l'ouverture de la prière. Des développements distincts leur seront successivement consacrés.

I. Le premier appel : al azân ou le premier appel à la prière

Le premier appel ou nodd est une sounna aussi bien dans les mosquées que pour un groupe de personnes qui veut inviter d'autres à l'accomplissement en commun d'une prière fardh (les cinq prières et la prière du vendredi) au moment prescrit. Soulignons qu'il n'est pas permis d'être en avance sur le temps prescrit sauf pour la prière du matin, car l'appel la concernant peut avoir lieu au dernier sixième de la nuit.

Il est recommandé que l'appel soit fait par une personne isolée en cours de voyage. Il est à préciser qu'il ne s'agit pas ici du voyage connu dans la charia et qui justifie la réduction de certaines prières mais simplement du voyage au sens littéral du terme c'est-à-dire de la situation du voyageur solitaire se trouvant dans un lieu désert. S'il fait les deux appels à la prière, les anges prieront avec lui. Mais notons que l'appel ne doit pas être fait par un groupe de personnes ne cherchant pas à inviter d'autres à prier avec eux.

Il importe de connaître les conditions de validité de l'appel (a) ainsi que les modalités de son prononcé (b).

 

a. Les conditions de validité de l'appel

Les conditions de validité du premier appel tiennent essentiellement à la qualité de celui qui appelle c'est-à-dire le muezzin. Pour être valable, l'appel doit être accompli par un muezzin musulman, sain d'esprit, de sexe masculin et pubère. Sont donc exclus les non musulmans, les femmes, les déments et faibles d'esprit et les enfants impubères.

Au moment de l'appel, il est recommandé au muezzin qu'il :

  1. soit en état de pureté ;

  2. se place en un lieu élevé pour se faire entendre (comme les minarets). C'est ce qui explique le caractère licite de l'utilisation des hauts-parleurs dans les mosquées ;

  3. soit debout sauf excuse légitime comme par exemple la maladie ;

  4. soit orienté vers la qibla sauf pour mieux se faire entendre, il peut alors lui tourner le dos.

Parmi les qualités du muezzin, on recommande qu'il :

  1. ait une belle voix. Ce qui est recherché, ce n'est pas la chanson mais le recueillement et l'humilité lors du prononcé de l'appel ;

  2. ait une tenue correcte ;

  3. s'occupe des affaires de la mosquée ;

  4. accueille et assiste les étrangers ;

  5. soit véridique ;

  6. aspire à la récompense qui lui vient d'Allah et non à la rémunération. Cependant, il peut prétendre à une rémunération de la fondation de la mosquée ou du trésor public (Baïtil Mâl) s'il est certain que l'absence de rémunération ne l'aurait pas poussé à abandonner l'appel à la prière ;

  7. préserve sa voix contre toute consommation de choses illicites ou d'origine illicite ;

  8. ne se mette pas en colère lorsqu'un autre fait l'appel à sa place.

On recommande par ailleurs que soient répétées :

  1. les paroles de l'appel par celui qui l'entend et qui accomplit une prière surérogatoire, jusqu'à la fin des deux témoignages de la profession de la foi (chahâda), doublement prononcés par le muezzin ;

  2. après la formule Hayya 'ala-s-salât حَيَّ عَلى الصَّلاَ ةِ , Hayya alal falâhiحيَّ عَلَى الفَلاَ حِ de dire Lâ hawla wa la khouwwata illâ billâhi (Il n'y a de force et de puissance qu'en Dieu) لاَ حَوْلَ وَ لاَ قُوَّةَ إِلاَّ بِاللّهِ العَلِيِّ العَظِيمِ;

  3. après le prononcé de l'appel de prier sur le Prophète Mouhamed (PSL) (salaatou 'alâ nabi) et de réciter la prière ci-dessous, qui selon le Prophète (PSL), toute personne qui aura prononcé cette prière prière sera digne de son intercession :

Seigneur, Maître de cet appel complet et de cette prière-ci, accorde à Seydina Mouhammad le moyen (wasîla) et le mérite (fadhîla) ainsi que la Position digne d'éloges (maqâma al mahmoud) que Tu lui as promis le jour de la résurrection. Toi qui ne faillit jamais à ta promesse.

Allahoumma rabba 'azihid da'watit tâmmati wa salâtil qâimati âti sayyidinâ Mouhammadane il wasîlata wal fadîlata wab'as'ou maqâmane mahmoudal lazî wa 'adta'ou innaka la touhlifoul mî'adi

 

اللَّهُمَّ رَبَّ هَذِهِ الدَّعْوَةِ التَّامَّةِ وَ الصَّلاةِ القَائِمَةِ آتِ سَيِّدِنَا مُحَمَّدًا الوَسِيلَةَ وَ الفَضِيلَةَ وَابْعَثْهُ مَقَامًا مَحْمُوْدًا الَّذِي وَ عَدْتَهُ ، إِنَّكَ لاَ تُخْلِفُ المِيعَادِ

Il est licite que :

  1. le muezzin perçoive un salaire pour dire l'appel ou pour dire l'appel et diriger la prière mais le salaire est blamâble s'il est donné pour rémunérer exclusivement la fonction de direction de la prière (ou fonction d'imam) ;

  2. qu'un non voyant soit muezzin ;

  3. de répéter les paroles de l'appel avant que le muezzin n'est fini de les prononcer intégralement ;

  4. de parler alors que le muezzin est en train de faire l'appel ;

  5. que l'appel soit prononcé dans une même ville ou un même quartier par différentes mosquées plus ou moins proches ou éloignées les unes des autres ;

  6. qu'il y ait plusieurs muezzins et qu'ils se suivent alors pour prononcer l'appel dans le temps d'élection (moukhtâr). Toutefois pour la prière du maghrib (ou timiss), ils devront dire l'appel tous ensemble, chacun prononçant son propre appel.

Il est blamâble de :

  1. saluer le muezzin qui prononce l'appel ;

  2. dire l'appel sur une monture ou quand on recommence la prière en vue d'obtenir les mérites de la prière en commun ;

  3. sortir de la mosquée après le prononcé de l'appel avec l'intention de ne pas y revenir.

 

b. Les modalités du prononcé de l'appel (nodd)

La formule du nodd (azan) se présente comme suit :

Allahou akbar (2 fois)

D'abord à voix normale puis à voix plus haute, les deux chahada suivantes :

Ach-hadou an lâ ilâha illalâh (2 fois)

Ach-hadou anna Mouhammadar Rassouloul lâh (2 fois)

Hayya 'ala salâti (2 fois)

Hayya 'alal falâhi (2 fois)

Assalatou khayroun mina nawm (2 fois) **

** N'est prononcé que pour la prière du soubh

 

Allahou Akbar (2 fois)

Lâ ilâha illal lâh (1 fois)

Dieu est Grand (2 fois)

D'abord à voix normale puis à voix plus haute, les deux chahada suivantes :

Je témoigne il n'y a de Dieu qu'Allah (2 fois)

Je témoigne que Mouhammad est le Messager d'Allah (PSL) (2 fois)

Venez à la prière (2 fois)

Venez à la félicité (2 fois)

La prière est meilleure que le sommeil (2 fois) **

** N'est prononcé que pour la prière du soubh

Dieu est Grand (2 fois)

Il n'y a de Dieu qu'Allah (1 fois)

الله أكبر (٢)

أشهد أن لا إله إلا الله (٢)

أشهد أن محمداً رسول الله (٢)

حي على الصلاة (٢)

حي على الفلاح (٢)

** الصّلاة خير من النّوم (٢)

 

الله أكبر (٢)

لا إله إلاّ اللّه (١)

Il est à souligner que le muezzin qui se serait interrompu durant l'appel, continue à partir de l'interruption si celle-ci n'a pas été trop longue.

II. Le second appel : al iqâma ou l'ouverture de la prière

 

a. Les conditions de validité de l'iqâma

L'ouverture de la prière fardh par l'iqâma (likhâme ou takhawal diouli) est une sounna même s'il s'agit d'une prière qu'on est en train de rattraper. Toutefois, la prière reste valable même si l'iqâma n'a pas été fait, de propos délibéré.

Lorsque l'homme prie seul, il est obligatoire pour lui de dire l'iqâma ; concernant la femme priant seule, l'iqâma fait en secret (à voix basse) est une bonne chose recommandée. Il est également recommandé à celui qui prononce l'appel de se lever pendant l'iqâma ou à un moment quelconque de l'appel ou à défaut après l'avoir prononcé dans la mesure où cela lui est possible.

S'agissant de la prière en commun, il est licite que l'iqâma soit fait pau une personne différente de celle qui a prononcé le premier appel (nodd) mais il est préférable qu'il soit fait par cette dernière. L'essentiel est ne faire l'iqâma qu'en présence de l'imam et sur son autorisation.

Il est blamâble de dire l'iqâma :

  • sur une monture car la sounna veut qu'il n'y ait pas de séparation entre l'iqâma et la prière. Or, il faudra à celui qui le dit alors qu'il est sur sa monture au moins qu'il en descende et l'attache. Mais si cela ne prend qu'un laps de temps très court, il n'est plus répréhensible ;

  • de dire l'iqâma quand on recommence la prière en vue d'obtenir les mérites de la prière en commun.

Après le prononcé de l'iqâma (likhâme), il est interdit de quitter la mosquée avec l'intention de ne pas y revenir.

 

b. Les modalités du prononcé de l'iqâma (likhâme)

C'est le même hadith relaté par Abdallah Ibn Zeïd qui contient la formule aussi bien du premier appel que du second appel dont voici les modalités :

Allahou akbar (2 fois)

Ach-hadou an lâ ilâha illalâh (1 fois)

Ach-hadou anna Mouhammadar Rassouloul lâh (1 fois)

Hayya 'ala salâti (1 fois)

Hayya 'alal falâhi (1 fois)

Khad khâmati salâtou (1 fois)

Allahou Akbar (2 fois)

Lâ ilâha illal lâh (1 fois)

 

Dieu est Grand (2 fois)

Je témoigne il n'y a de Dieu qu'Allah (1 fois)

Je témoigne que Mouhammad est le Messager d'Allah (PSL) (1 fois)

Venez à la prière (1 fois)

Venez à la félicité (1 fois)

La prière est prête pour être accomplie - diouli gui takhawna - (1 fois)

Dieu est Grand (2 fois)

Il n'y a de Dieu qu'Allah (1 fois)

الله أكبر (٢)

أشهد أن لا إله إلا الله (١)

أشهد أن محمداً رسول الله (١)

حي على الصلاة (١)

حي على الفلاح (١)

قد قامت الصّلاة (١)

الله أكبر (٢)

لا إله إلاّ اللّه (١)

On observe qu'à part les Allahou Akbar, tout est dit une seule fois contrairement au nodd.

Fasse Allah que nous soyons parmi les connaisseurs dans la limite de nos capacités, parmi ceux qui reconnaissent la grâce dont Il nous comble et sont conscients de Son contrôle permanent sur nous, parmi ceux qui oeuvrent en prévision de l'Au-delà. Amine.

Extraits traduits des enseignements en arabe et en wolof, sur l'islam et la tariqa tidjaniya, du guide spirituel Serigne El Hadj Madior CISSE, responsable de la dahira Moutahabina Fillahi et disciple de Khalifa Ababacar SY (RTA).