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Le pélerinage aux lieux saints de l'islam (Al hajj)

Pélérinage Ifrad(doc)


Les dimensions islamiques du rituel

Le pélerinage aux Lieux Saints de l'Islam (al-hajj) constitue l'un des cinq piliers de l'Islam après la profession de foi, la prière, le jeûne du mois de Ramadan et la zakat. Il consiste à se rendre à la Mecque, lieu de pélerinage et terre d'asile, pour y accomplir un certain nombre de rites prescrits par l'Islam. Il s'agit d'un acte de dévotion consacré depuis l'époque de Seydina Ibrahim (Paix sur Lui) et confirmé par l'Islam à la 9ème année de l'Hégire (ou à la 6ème selon certaines sources). Ces Lieux Saints constituent des lieux de manifestation de la Miséricorde divine et gardent les marques symboliques de la soumission de Serviteurs privilégiés à Allah, l'Un. Le pélerinage à la Mecque est indissociable du monothéisme pur : dans son principe et dans ces rites, dans sa finalilté et ses fondements, il est voué exclusivement et entièrement à Allah. Ce sont des moments où le croyant se rappelle sa condition de créature et de serviteur, faible, ignorant et démuni à la quête des grâces du Miséricordieux. Le Coran et les hadiths mettent l'accent sur les avantages liés à l'accomplissement du pélerinage sur les plans religieux et terrestre, matériel et moral, économique, social et culturel, individuel, collectif et universel.
En effectuant en commun le pélerinage aux Lieux Saints, l'Humanité musulmane traduit son universalité en acte en se rapprochant physiquement des lieux vers lesquels toutes ses composantes se tournent quotidiennement pour adorer Allah ; ces Hauts Lieux de la Révélation de l'Islam qui ont accueilli le Messager d'Allah (PSL) et Ses compagnons (qu'Allah les agrée) où tout témoigne de la présence divine ; ces Lieux où certains sages vertueux à l'instar de l'Imam Malik (qu'Allah les agrée) se déplaçaient à pied leur vie durant estimant qu'il n'était pas correct de fouler à dos d'animal la terre où repose le Messager Bien-Aimé (PSL). Pouvait-il en être autrement alors que le Coran enseigne que : « la première Maison qui ait été édifiée pour les gens, c'est bien celle de Bakka (la Mecque) bénie et une bonne direction pour l'univers » (Sourate Al-Imram, verset 96).
Le Hajj est obligatoire une fois dans la vie pour tout musulman, homme ou femme, en état de l'accomplir. Il s'effectue collectivement chaque année à une période précise (du 10ème au 12ème mois lunaire) conformément au Coran qui enseigne que « le pélerinage a lieu dans des mois connus » (Sourate Al-Baqarah, verset 197) à la différence de la Omra ou pélerinage mineur qui est une sounna quasi obligatoire (ou pélerinage individuel) que l'on peut accomplir à tout moment de l'année.
Le Coran exprime le caractère obligatoire du pélerinage dans des versets d'une beauté extraordinaire : «  Et rappelle-toi, quand nous fîmes de la Maison un lieu de visite et un asile pour les gens. Adoptez donc pour lieu de prière, ce lieu où Abraham se tint debout, Et nous confiames à Abraham et à Ismaël ceci : purifiez Ma Maison pour ceux qui tournent autour, y font retraite pieuse, s'y inclinent et s'y prosternent » (Sourate Al-Baqarah, verset 125) ; « Et c'est un devoir envers Allah pour les gens qui ont les moyens, d'aller faire le pélerinage de la Maison » (Sourate Al-Imran, verset 97).
En allant en pélerinage, le croyant éprouve sa foi en laissant derrière lui tout ce qu'il affectionne comme la patrie, sa famille, ses biens, son pouvoir, son travail, ses souvenirs et ses projets, bref tout ce qui lui est cher, pour se consacrer entièrement à Allah. Tout en lui exprime ce chant du coeur : « Dis : en vérité, ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur de l'Univers. A Lui nul associé! Et voilà ce qu'il m'a été ordonné, et je suis le premier à me soumettre » (Sourate Al-an'am, versets 162 et 163). Ainsi le pélerin n'a de finalité qu'Allah, d'espoir qu'en Lui. Il accepte de sacrifier ses passions et ses penchants pour n'avoir qu'Allah comme unique passion et penchant ne s'adonnant qu'à Ses prescriptions et s'éloignant de Ses interdits. Immigration donc par le corps et l'esprit en réponse à l'appel du Seigneur (I) pour un parcours digne d'un hôte du Miséricordieux (II).

I- Le principe du pélerinage ou la réponse à l'appel du Seigneur


Le texte coranique de référence énonce : « Et quant Nous indiquâmes pour Abraham le lieu de la Maison (La Kaaba) en lui disant : « Ne m'associe rien ; et purifie ma maison pour ceux qui tournent autour, pour ceux qui s'y tiennent debout et pour ceux qui s'y inclinent et se prosternent. Et fais aux gens une annonce pour le hajj. Ils viendront vers toi, à pied et aussi sur une monture, venant de tout chemin éloigné, pour participer aux avantages qui leur ont été accordés et pour invoquer le nom d'Allah aux jours fixés, sur la bête de cheptel qu'Il leur a attribuée, « Mangez-en vous-mêmes et faites-en manger le besogneux misérable pour qu'ils mettent fin à leurs interdits (qu'ils fassent les circuits autour de l'Antique Maison ». Voilà ce qui doit être observé et quiconque prend en haute considération les limites sacrées d'Allah, cela sera meilleur auprès de Son Seigneur » (Sourate Al-Hajj, versets 26 à 30).
L'accomplissement du pélerinage exige que le pélerin soit en état de sacralisation (ihram). Il s'agit d'un rite essentiel qui l'habilite à entrer dans l'espace sacré et sacralisant des Lieux Saints mais aussi à devenir un réceptacle des grâces et bienfaits du Seigneur. Cette entrée en état de sacralisation doit se faire à des lieux déterminés selon les origines géographiques des pélerins et à une période déterminée. Ces préalables respectés, le pélerin devra procéder au bain rituel et exprimer son intention d'accomplir le pélerinage. Par cet engagement, il exprime avec foi sa soumission à Allah en vue d'être digne de Son Pardon et de Sa Miséricorde. Le pélerin de sexe masculin devra ensuite quitter ses vêtements habituels pour ne porter que deux morceaux d'étoffe blanche non cousus. Les femmes quant à elles pourront garder leurs habits habituels, s'ils sont propres et décents. Le pélerin renforcera son engagement par une prière de deux rakas. Ces rites une fois accomplis, il entre en état complet de sacralisation en prononçant la formule de talbiya ou réponse à l'appel divin : « Me voici mon Dieu, me voici, Tu n'as point d'associé, me voici. A Toi vont les louanges, de Toi viennent les faveurs et à Toi revient le Souverain Pouvoir. Tu n'as point d'associé ». Il prononcera cette formule jusqu'au Jour du Sacrifice, individuellement ou en choeur.
Par cette entrée en état de sacralisation, le musulman traduit en geste sa volonté de dépouillement complet. Sa tenue rappelle déjà le linceul qui le couvrira à la mort. Il se débarrasse de tout ce qui le rattache à la vie pour se présenter à Son Seigneur comme il le sera le Jour du jugement Dernier. Il s'abstiendra tant que durera cet état de tout ce qui est de nature à l'éloigner du Seigneur ou à le rapprocher de la vie ici-bas (les habits cousus, les parfums, l'oeuvre de chair, la coiffure, la chasse d'animaux terrestres, la coupe d'arbres ou de plantes, la violence, les querelles). En un mot, il se doit de respecter la sacralité de l'ordre divin et de vivre en paix avec l'ensemble des créatures de l'espéce humaine mais aussi de la faune et de la flore. C'est avec cette conduite qu'il accomplira les autres rites du pélerinage.

II- Le parcours du pélerin ou la conduite des hôtes du Miséricordieux

Les autres rites n'ont de sens que pour le pélerin qui est en état de sacralisation. Les plus importants sont la circumambulation (tawaf), la procession (sa'y), le stationnement d'Arafat, la lapidation des stèles symbolisant Satan (diamra), l'immolation en guise de sacrifice.
Par la circumambulation ou tawaf, l'on désigne les sept tours autour de la Kaaba en ayant celle-ci à sa gauche dans le sens contraire de l'aiguille d'une montre. Ce rituel accompli en état de pureté est jalonné par la récitation d'invocations par lesquelles le croyant rend gloire à Allah et sollicite son pardon. Le tawaf symbolise la rotation des coeurs et des esprits autour de la sacralité d'Allah dans l'élan d'amour naturel qui lie toute créature à Son Créateur. Ce rituel est d'abord accompli à l'arrivée en guise de salutations (tawaf al qudum), ensuite obligatoirement au titre de la ziyara après le stationnement à Arafat (tawaf al ifada) et enfin en guise d'adieu (tawaf al wada') à l'occasion de sa dernière visite à la Sainte mosquée, qu'il devra finalement quitter à reculons en signe de vénération. Tout pour montrer la discipline qui doit être de rigueur lorsqu'on s'approche du Sanctuaire.
A chaque tour, il devra embrasser la Pierre Noire (al-hadjr lassouad) ou la saluer de la main. Par cet acte, il exprime son engagement à se soumettre à Allah car la Pierre Noire selon le Messager d'Allah est à l'image de « la main droite d'Allah par laquelle Il salue ses créatures » (Rapporté par Ahmad).
Après le tawaf, vient la procession (sa'y). Le pélerin parcourt sept fois la distance séparant les monticules d'As-Safa et d'Al-Marwah. Ainsi il commémore la course angoissée d'Agar, l'épouse d'Abraham, prise de panique devant les souffrances de son fils Ismaël qu'elle cherchait à sauver et la récompence miraculeuse qui s'en suivit avec le jaillissement de la source bénite de Zamzam. La situation du pélerin en quête de miséricorde est source de désarroi. Sa procession ponctuée d'invocations fera jaillir la source de la Miséricorde. D'après le Coran, « As-Safa et Al-Marwah sont vraiment parmi les lieux sacrés d'Allah. Donc, quiconque fait pélerinage à la Maison d'Allah ne commet pas de péché en faisant le va-et-vient entre ces deux monts » (Sourate Al-Baqarah, verset 158).
Vient après le principal rite du pélerinage, celui sans lequel il ne saurait être question de pélerinage : le stationnement à Arafat. L'universalité de l'Islam trouve ici toute sa splendeur. Ce jour est comparé à celui du Jugement Dernier. Les pélerins se considèrent comme sortis de leurs tombes, dans un total dénuement face à leur Seigneur sur un pied d'égalité. Selon le Prophète (PSL), « Allah montre aux Anges le caractère enviable de Ses serviteurs stationnés au Mont Arafat en leur disant : regardez mes serviteurs! Ils sont venus à moi les cheveux en désordre et les habits poussièreux, en sacrifice, de tout chemin éloigné. Je vous prends à témoin que je leur ai accordé Mon Pardon » ( Rapporté par Ahmad et Al Hakim ).
Après avoir quitté Arafat, les pélerins arrivent en pleine nuit à Mouzdalifa. La halte est prescrite par le Coran : « Lorsque vous aurez déferlé de Arafat, invoquez-le car Il vous a mis sur la bonne voie, quoiqu'auparavant vous étiez du nombre des égarés » (Sourate Al-Baqarah, verset 198). Après les prières réunies de Maghrib et de Ichaa (timiss et gué), ils ramasseront les cailloux exigés pour la lapidation des stèles symbolisant Satan à Mina où ils séjourneront trois jours et trois nuits au minimum.
Par cette lapidation de Satan, le pélerin commémore le geste d'Abraham lapidant Satan à trois reprises en ces lieux et exprime son engagement à résister aux tentations de Satan dans l'avenir. Car Allah réserve une forte récompense à ceux qui résistent contre Satan et parviennent à le vaincre. Le 10 Dhoul-Hijjah, ils doivent lapider la grande stèle et immoler une bête. Ils se rasent la tête ou se coupent des mèches de cheveux pour mettre fin à l'état de sacralisation et se rendre à la Mecque pour le tawaf al ifada. Par ce sacrifice, ils perpétuent la tradition islamique d'Abraham.
Abraham (Paix sur Lui) et son honorable famille en ont fourni une illustration parfaite de piété et de soumission à Allah en surmontant la douloureuse épreuve divine : lorsque Allah lui demanda d'immoler son fils Ismaël, il exprima sa détermination à accomplir l'acte, son épouse le soutint et l'enfant se montra endurant. Ce qui leur valut le salut divin qui lui accorda une immolation généreuse (un bélier) en rançon à l'âme d'Ismaël (Paix sur Lui).
Le pélerinage prend fin avec cet air de fête (la Fête du Sacrifice) au sens islamique du terme c'est-à-dire un Jour parmi les jours du Seigneur, célébré sur terre et dans les Cieux, une fête dont cependant Il rappelle à l'occasion que « ni leurs chairs ni leur sang n'atteindront Allah, mais ce qui l'atteind de votre part, c'est la piété » (Sourate Al-Hajj, verset 37). Certes, l'on se rappelle les prescriptions d'Allah au sujet du pélerinage : « Si l'on se décide à l'accomplir, alors point de rapport sexuel, point de perversité, point de dispute pendant le pélerinage. Et le bien que vous fassiez, Allah le sait. Et prenez vos provisions ; mais la meilleure provision est la piété. Et redoutez-Moi, Ô doués d'intelligence ! » (Sourate Al-Baqarah, verset 197).
Comme pour le jeûne, la base et la finalité du pélerinage résident dans la piété. L'on s'attend donc à une conduite nouvelle chez tous les hôtes du Miséricordieux après leur retour des Lieux Saints. Avec leur pélerinage, ils auront appris à vivre dans la proximité d' Allah en s'éloignant de la vie ici-bas, pris l'engagement plusieurs fois exprimé de se soumettre entièrement à Lui, d'être prêt à tout sacrifier au service de Sa cause et de ne point suivre les tentations de Satan. En arborant le titre de Haj, le pélerin fête sa re-naissance : avec une âme purifiée, des péchés pardonnés, des prières exaucées, des engagements authentifiés, il dispose de tous les atouts pour être un serviteur d'Allah au sens le plus complet du terme.
A tous ceux qui répondent à l'appel du Seigneur, Serigne El Hadj Madior CISSE et l'ensemble des membres de la dahira Mouttahabbiina Fillaahi exprime ses souhaits de pélerinage exaucé. « Seigneur ! Accorde-nous belle part ici-bas et belle part aussi dans l'au-delà ; et protège-nous du châtiment du Feu ! » (Sourate Al-Baqarah, verset 201 ).

Extraits traduits des enseignements en arabe et en wolof, sur l'islam et la tariqa tidjaniya, du guide spirituel Serigne El Hadj Madior CISSE, responsable de la dahira Moutahabina Fillahi et disciple de Khalifa Ababacar SY (RTA).